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Interview

L'immobilier ne se résume pas à l'argent

Agence 20 000 lieux à Paris, Pascal Laëthier

L’aspect patrimonial est moins important qu’avant

20 000 lieux est une agence d’un nouveau genre qui vend exclusivement des lieux atypiques. Pascal Laëthier nous parle de ce secteur immobilier qui séduit de plus en plus les gens à la recherche d’endroits qui leur ressemblent.
L'immobilier ne se résume pas à l'argent

Le design est très à la mode

20 000 lieux est une agence très spécialisée…

Effectivement, 20 000 lieux est la première agence spécialisée dans la location d’endroits privés pour le cinéma, la télévision, la photo et l’événement. Nous avons créé un département immobilier il y a un an environ. Notre spécialité : la vente de lieux atypiques et remarquables, lofts, maisons, appartements et surfaces à aménager.

Quelle facette du métier vous “amuse” le plus ?

Il y a encore quelque temps, j’étais réalisateur pour le cinéma et la publicité, c’est comme cela que j’ai rencontré Nicolas Courson, le fondateur de l’agence. J’ai eu envie de changer de métier et je ne le regrette pas ! La rencontre avec des gens qui ont de vrais projets immobiliers et architecturaux fait partie des aspects les plus intéressants.

De plus en plus de gens achètent des endroits spectaculaires. Est-ce que l’on peut parler de tendance ?

Il est vrai que la “déco” a pris une dimension importante et nouvelle. L’architecture contemporaine et le design sont très à la mode. Aujourd’hui, la décoration, l’ambiance, le caractère d’un appartement sont des éléments déterminants pour les acheteurs. Et pour rendre un appartement moderne, il ne suffit pas d’un coup de peinture et de 2,3 tableaux. Il y a des appartements qui sont conçus pour un habitat moderne et contemporain. Ces projets là sont très pointus. Personnellement, je trouve qu’il est très intéressant de “relooker” des lieux classiques. En effet, le concept du loft s’essouffle un peu, notamment du fait qu’il n’y a plus beaucoup de bâtiments industriels “vierges”. La plupart ont déjà été exploités pour l’habitat.

Qu’est-ce que vous aimez le moins ?

C’est difficile de répondre à une telle question ! 20 000 lieux est une agence à part, où l’on dispose d’une vraie marge de liberté.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus chez un acheteur ?

Ce qui est important, c’est de découvrir un lieu qui a du caractère, qui ressemble à son propriétaire. Il est difficile de bien vendre un endroit qui est semblable à d’autres. J’aime bien pouvoir ressentir l’histoire d’un habitat.

Selon vous, une “perfection” immobilière, c’est quoi ?

Récemment, je me suis occupé d’un appartement haussmannien, à République, transformé par un photographe connu. Il a eu l’intelligence de réinterpréter ce style un peu prétentieux pour en faire quelque chose de très chaleureux. Je pense également à un autre appartement années 30, dans le secteur du Trocadéro, très bien refait également. Vous vendez des biens dans tout Paris ?

Oui, nous n’avons pas d’implantation géographique délimitée.

Comment estimez-vous ces lieux typiques ?

Pendant longtemps, le prix au m2 était défini par les notaires ! L’immobilier a beaucoup évolué. Evidemment, ce qui compte, c’est le prix du marché mais il n’est jamais facile de convaincre les vendeurs. Aujourd’hui, l’aspect patrimonial de l’achat immobilier est moins important qu’avant. Les gens achètent, se trompent, revendent avec plus de facilité. On est moins dans la gestion de portefeuille pure et simple. Les clients sont plus volages, il faut savoir leur proposer un service de qualité adapté à leur demande et les aider à mener à bien leur projet, les accompagner tout au long de sa réalisation.

Y aurait-il une dimension “mode” qui n’existait pas avant ?

Oui, bien que je me méfie de la notion de mode. Je pense qu’il est possible de se faire plaisir, de se réapproprier un lieu sans faire de dépenses inconsidérées. Il y a un rapport plus léger, plus audacieux à l’habitation. Et c’est cela qui est intéressant pour des gens de mon profil, qui ne voient pas l’immobilier uniquement comme une source de profit.

Vous avez une vision assez nouvelle de l’immobilier…

Comme je vous le disais, je ne pense pas que l’immobilier se résume à un monde d’argent et de plus-values effectuées grâce à la hausse des prix. Les gens prennent leur temps, il faut être attentif à leur demande, bien présenter les produits. Par exemple, j’essaie toujours de prendre des photos des biens qui correspondent à la réalité. Je ne tente pas de prendre un appartement sous son meilleur profil, au contraire. Je ne veux pas que mes clients soient déçus en le visitant. Je ne crois pas que l’on puisse avoir un rapport uniquement pécunier avec eux.

Comment voyez-vous votre marché évoluer ?

Nous sommes sur un segment très spécifique. Je traite des cas particuliers. Mais je suis plutôt confiant dans l’avenir car il nous reste encore beaucoup de niches à explorer.

Nicolas de Rouyn

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