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Édito

Comme un coup de foudre

Guillaume Roquette

Comme un coup de foudre

Un jour, on se décide à la chercher. Ce sera une maison pour la vie, un lieu de retrouvailles, de calme et de verdure, de rires et de lumière. Il suffit de fermer les yeux pour savoir à quoi elle ressemblera tant on l’a imaginée. Puis de les rouvrir tout grands pour que le rêve prenne forme : il y a un banquier à convaincre, un budget qu’on jure de ne pas dépasser, les travaux qu’on a la force d’entreprendre, et puis le lieu surtout, où l’on aspire à poser ses malles et ses livres, en pleine campagne, dans un village, au milieu d’un jardin, d’un parc, de ce qu’il faut de terres ou d’océan pour être seul au monde.

Et puis, à la première, à la centième visite, la rencontre se fait. C’est LA maison. À peine entré, l’impression saisit de l’avoir toujours connue, voire de s’y être éveillé. Ça ressemble à un coup de foudre : les critères de choix patiemment fixés s’effacent, l’émotion soudain commande. Une maison, quand on sait ce qu’elle est pour nous, et nous pour elle, rassemble ce que nous sommes. La disposition des pièces, l’épaisseur des murs, l’ombre et la lumière, une harmonie de couleurs, une odeur, toute cette alchimie raconte notre histoire, ce que nous sommes devenu et les souvenirs d’enfance que notre mémoire croyait perdus. À la croisée de ces chemins parfois inconscients, l’intuition, forte, que cette maison est nôtre s’impose comme une évidence. Plus encore, la certitude que cette maison nous a attendu, nous et personne d’autre. C’est comme un choc. Un choc esthétique bien sûr, mais plus confusément, plus profondément aussi, un sentiment qui ressemble à l’amour.

© Stephan Gladieu

Guillaume Roquette Directeur de la rédaction du Figaro magazine

Édition n°147

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